Une couronne peut en cacher d’autres

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Une déclaration d’intention de l’assemblée du local Camarade (Toulouse, France) au projet Fever (ce texte est disponible en plusieurs langues)

Le projet Fever : class struggles under pandemic est une initiative lancée conjointement par plusieurs groupes autonomes de travailleurs qui s’organisent contre l’exploitation capitaliste et agissent pour l’auto-organisation des luttes de prolétaires à travers le monde. Pour l’assemblée du local Camarade de Toulouse, le but est de produire et d’échanger des matériaux à la fois théoriques et pratiques au sujet des luttes de notre classe en temps de pandémie mondiale avec pour seul horizon de « sortie de crise » la révolution, c’est-à-dire l’abolition du capitalisme par les prolétaires engagés dans un mouvement insurrectionnel mondial. C’est pour préciser cette perspective que nous proposons aujourd’hui une déclaration d’intention à destination de Fever. Cette déclaration d’intention est à la fois une proposition de clarification du moment politique que nous vivons et une présentation en chantier des réflexions que nous souhaitons partager avec les camarades partisans de la révolution.

Union sacrée

Les gouvernements, les politiciens, les patrons, les experts : tous nous rabâchent que nous sommes en guerre contre un ennemi invisible à l’œil nu et qu’il va falloir nous battre, parfois nous sacrifier, pour l’intérêt général. L’intérêt général ne vise qu’une chose : que les conditions de l’accumulation capitaliste perdurent. Le pouvoir mondial vient draper la pandémie liée au Coronavirus d’une fable guerrière abjecte et c’est au fil de la dégradation accélérée de nos conditions de vie et de travail, et de l’augmentation de la répression que l’on découvre que l’ennemi pour la classe capitaliste n’est pas le virus à proprement parler mais la capacité de la pandémie à déstabiliser durablement son pouvoir. Puisque nous savons que la pandémie n’a aucune force de proposition (elle n’a pas Twitter), nous devons en conclure que cette déstabilisation émanerait bien évidemment du pôle opposé à la classe capitaliste dans ce mode de production, le prolétariat, qui n’a pas eu à attendre ce moment pour subir les assauts incessants de la loi du marché. Et si la classe capitaliste peut se débarrasser du virus, elle ne pourra se débarrasser du prolétariat, puisque nous sommes sa raison d’être et vice versa. En définitive, nous comprenons donc que la classe capitaliste n’a qu’un ennemi, c’est le prolétariat, et que la pandémie est une séquence de cette lutte des classes. En retour, nous comprenons nous aussi que l’ennemi n’est pas le virus mais bien le système d’exploitation qui donne à ce virus sa réalité sociale et son ampleur. En aucun cas l’épidémie de coronavirus n’est naturelle. Certes, le virus a sa propre constitution biologique, sa façon « naturelle » à lui d’étouffer nos corps. Mais les conditions d’apparition de cette épidémie, l’ampleur qu’elle prend, les conséquences sur nos vies qu’elle suppose etc., toutes ces questions reposent sur la façon dont l’organisation sociale par laquelle nous sommes liés les traite, les traduit en faits. Cette crise va donc au-delà du terrain sanitaire ou logistique, c’est une catastrophe sociale et ce sont les prolétaires qui en accusent le coup. Nous nous retrouvons face à face avec le Capital et face à nous-mêmes par la même occasion. A l’assemblée du local Camarade, notre souhait n’est pas de gérer la crise mais bien d’y mettre un terme.
Sous le prétexte de l’urgence, nous voyons les partis d’opposition, les syndicats et toutes les autres formes de représentation politique qui se réclament de feu la classe ouvrière se ranger derrière l’union sacrée. L’union sacrée est l’expression momentanée de la nature de ces organisations politiques : elles ne visent qu’à maintenir in fine le capitalisme à flot et à préserver ses structures économiques et politiques (territoires nationaux, appareils étatiques, polices, productions industrielles, circuits de distribution). Dans le théâtre du monde politique, elles miment des dissidences en s’époumonant au sujet des limites du capitalisme dit « néo-libéral ». Les limites que ces organisations ciblent sont des limites qu’elles dressent dans l’espoir de reconfigurer les modalités de notre exploitation : leur existence n’a de sens qu’au sein du capitalisme et c’est pour cette raison qu’elles ne seront rien d’autre que des composantes du système que nous combattons. Bien qu’il s’agisse ici d’une évidence, il nous semble important de le marteler dès à présent pour anticiper sur la sortie de crise.
Le monde politique n’est pas le seul à concourir à l’unité martiale de la nation. En bien des matières, l’appel à la mobilisation générale des gouvernements s’est fait entendre à tous les niveaux de la vie quotidienne. De nombreuses initiatives d’organisation à la base voient le jour pour pallier l’incapacité des Etats à répondre aux besoins immédiats de la population. Si nous partageons l’idée de la nécessité de l’auto-organisation, encore faut-il que cette dernière soit mise en œuvre pour la lutte contre la dégradation de nos conditions de vie imposée par les classes possédantes, sans quoi elle ne correspondrait finalement qu’aux besoins du capital. Beaucoup d’exemples, qu’il s’agisse des communs ou des projets communautaires, sont déjà là pour nous rappeler que le capitalisme les absorbe comme du travail gratuit dans le cours quotidien du processus d’exploitation, pour parvenir à baisser la valeur de notre force de travail. Les quelques appels solennels à venir prêter main forte à la grande armée de l’agriculture française, parfois sur la base du volontariat, les assertions en boucle au sujet de la défense du bien commun pour mobiliser les citoyens de l’Etat, la vantardise des initiatives d’aide à la base et l’aménagement de dérogations de circulation spéciale pour celles et ceux qui les organisent : voilà comment l’Etat orchestre le travail gratuit. Applaudir aux fenêtres le personnel soignant tous les soirs à 20h (c’est ce qu’il se passe en France) est la représentation spectaculaire du consentement. Sous couvert de solidarité, l’Etat apprécie cette force de travail gratuite pour maintenir sa position hégémonique. Il n’est pas impossible que ce modèle soit particulièrement plébiscité à la sortie du confinement.
Il est logique, en temps d’austérité, que les forces de reproduction encadrées par l’Etat ne soient pas en mesure de gérer de telles épidémies. A ce titre, la mortalité du virus n’est jamais une donnée absolue. Cette mortalité est aussi une traduction des rapports de force au sein de nos sociétés. Qui est soigné ? Qui est sauvé ? Qui meurt ? Dame nature ne choisit pas seule. Les systèmes de santé à l’échelle mondiale connaissent une véritable submersion et les caractéristiques de chacun d’entre eux (la façon dont ils bénéficient ou non à l’intégralité de la population d’un Etat) influent directement sur la traduction sociale de ces taux de mortalité. Si en France, nous avons un accès étendu aux soins prodigués par le système de santé public, nous savons qu’il n’en est pas de même dans une grande majorité d’autres pays.

Contre les prolétaires

Nous nous trouvons donc devant l’impérieuse nécessité de briser la façade biologique du discours du pouvoir. Ceci doit nous amener à considérer de façon matérialiste les différentes hypothèses de sortie de crise des Etats et de l’OMS. Après l’abandon plus ou moins assumé de la « stratégie d’immunité collective », stratégie qui assurait aux Etats le fait de faire face à des millions de morts (on appelle ça un massacre) et à celles et ceux qui se souviendraient d’eux, la guerre faite contre les prolétaires prend la tournure étrange d’une injonction contradictoire entre le « Restez chez vous sous peine d’amendes » et le « Allez bosser sous peine de disette ». Cet état de fait a ce petit quelque chose d’honnête que la pompeuse « stratégie d’immunité collective » n’a pas. Aujourd’hui, il ne s’agit même pas de dire que tout ira mieux après la tempête. Il s’agit simplement de dire qu’il faut que le monde continue de tourner comme d’habitude sans savoir exactement vers où on va. En cela, le temps de la pandémie ressemble aussi au temps de la révélation.
Les travailleurs du soin et de la grande distribution font face, dans des conditions dramatiques, à l’épidémie et sa puissance infectieuse. Les ouvriers de la production industrielle et de la logistique sont appelés à venir travailler au péril de leur vie pour maintenir la source du profit. Les modalités du “business à tout prix”, qui aura mis finalement peu de temps à réapparaître (si tant est qu’elles aient disparu), proposent que les corps prolétaires soient de la chair à virus là où il y a un siècle, ils étaient de la chair à canon. L’état d’urgence sanitaire mis en place en France rend caduques les conventions qui encadrent l’exploitation, la roue est libre et le gouvernement navigue par décret. Pendant ce temps-là, on nous chasse des parcs mais on nous ordonne de nous entasser dans les entrepôts.
Au-delà des travailleurs en première ligne, les travailleurs temporairement mis au ban de l’exploitation subissent eux-aussi le calibrage essentialiste de l’économie mondiale (maintien en activité des sites de production et de reproduction essentiels à la vie de la nation), sans salaires complets pour acheter de quoi se nourrir, se soigner, se loger, se déplacer, se chauffer etc. Pourtant, tout est encore payant. Sans parler, dans ce cas de figure, du sort fait aux personnes enfermées dans les institutions coercitives de l’Etat.

La sortie de crise est une illusion si on la pense comme un retour à la « normale ». Les avancées drastiques du capital ne sont qu’une première apparition de ce à quoi la crise financière nous destinait. Le coronavirus en restera peut-être l’image d’Epinal mais il est inexact d’affirmer que c’est l’épidémie qui est responsable de la crise financière. Le système n’a jamais repris son souffle depuis la crise de 2008. Il n’a fait que retarder l’échéance en dégradant toujours plus nos conditions de travail, nos salaires et le droit de nous opposer à ces mesures d’austérité.
A ce titre, les turbulences sociales de cette pandémie ne sont pas encore tout à fait appréciables mais nous pouvons présumer que les capitalistes s’y préparent. Nous devons considérer l’introduction massive et la généralisation des technologies de contrôle à destination de ce que le gouvernement nomme « la population » (en réalité principalement tournées vers les prolétaires), dont le confinement est le terrain adéquat, comme la mise en place de moyens matériels à même de juguler en partie par la force et le contrôle nos futures luttes. Au-delà du terrain strictement répressif, les projections dystopiques du capitalisme nouvelle génération n’ont rien d’un fantasme et seront certainement appelées à appuyer les futures conditions de l’accumulation, sans que nous soyons assurés, pour le moment, du contenu exact de ces futures conditions.

Nous n’avons pas attendu le Coronavirus pour savoir que les luttes de prolétaires du monde entier se répondent, parce qu’elles se confrontent au même système, et pour y prendre part.
Il suffit d’évoquer les différentes vagues insurrectionnelles qui ont bousculé le quotidien capitaliste depuis deux ans et leurs similarités pour s’en persuader. La situation actuelle tend à renforcer et densifier cet état de fait et c’est vers et pour une dynamique d’unification que nous nous projetons ensemble dans le projet Fever.

Pourquoi Fever ?

L’intérêt d’une telle plateforme réside dans sa capacité à assurer une forme de liaison et de coordination entre les activités de lutte des prolétaires de par le monde d’une part, et d’autre part une confrontation théorique liée à ces activités, dans le but de proposer une analyse des déterminants majeurs des conditions de reproduction du capital et a contrario des conditions de production du communisme entendu comme le mouvement réel qui abolit les conditions existantes. Nous pensons que la planification révolutionnaire de la révolution avant la révolution est un vœu pieux. La nécessaire coordination des activités de notre classe n’est pas une manière détournée de promouvoir une quelconque centralisation révolutionnaire. La coordination résulte au contraire de la nécessité d’œuvrer à une révolution internationale où la praxis émane des luttes elles-mêmes, et non d’une planification.
Nous parlons de coordination au même titre que les derniers mouvements qui ont bousculé le capitalisme ont emprunté les uns aux autres des méthodes, des discours, des idées, qui peu à peu formulent le problème particulier en une critique globale. Nous souhaitons traduire et relayer autant que faire se peut les activités des prolétaires en lutte dans le monde entier pour les partager et nous les approprier. De chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens !
Peut-être alors pourrons-nous nous poser la question « comment fait-on la révolution ? » avec de nouveaux éléments de réponse issus de notre intelligence collective. Nous avons besoin d’échanger ensemble sur ce que l’on peut faire, sur ce qui se profile comme sortie de crise, comme modification du régime d’accumulation, de mode de gouvernance, toujours dans la perspective de comprendre les conditions de luttes des prolétaires et de production du communisme. C’est peut-être ça, en plus du fait de participer aux luttes de notre temps, la tâche qui incombe aux prolétaires partisans dès à présent de la révolution.

Une couronne peut en cacher d’autres. C’est sur celles des rois que nous voulons marcher.

L’assemblée du local Camarade


Nous faison l’effort avec des camarades d’autres villes de traduire un maximum d’articles. Pour accèder directement au site en français c’est ICI.

Suspension des activités du local

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Bonjour,
comme vous pouvez vous en douter au vu de la situation on a décidé de fermer temporairement le local Camarade.
En attendant prenez soin de vous et n’hésitez pas à nous écrire si vous avez besoin d’aide pour quoi que ce soit.
Par ailleurs des groupes d’entraide, de solidarité et de lutte voient le jour sur télégram (taper “toulousecovidentraide”), sur facebook (“coronavirus solidarité 31) et ailleurs…
Si vous voulez nous envoyer des descriptions de vos conditions de travail et de ce qui se passe dans vos boîtes n’hésitez pas non plus !

A bientôt

Guérilla en Espagne 1936-1960 / Vendredi 28 fév à 20H

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À partir du livre « Maquis » de l’historien Segundino Serrano

On sait généralement que la Guerre civile espagnole (1936-1939), marquée par une révolution sociale, une contre-révolution et le triomphe des réactionnaires a fait plus de 500 000 morts et à peu près autant d’exilés. Il est assez connu que la répression franquiste s’est prolongée bien après la fin officielle de la guerre, transformant le pays en prison et faisant environ 80 000 victimes supplémentaires. Il est beaucoup moins su que, dès la fin du conflit et jusqu’aux années 1950, la seule opposition réelle au régime a été constituée par des groupes armés qui ont continué le combat sur les trois quarts du territoire.

Il a fallu pour cela que des fugitifs intérieurs, certains bloqués dès l’origine dans des régions contrôlées par les fascistes, cessent de se dissimuler pour survivre et s’organisent pour établir, petit à petit, le seul et unique contre-pouvoir, particulièrement dans les régions les plus montagneuses. Il a fallu aussi que des groupes de maquisards, issus de la Résistance en France, partent libérer l’Espagne en envahissant les Pyrénées, ce qui a eu des conséquences inattendues. Il a fallu également que bon nombre de prisonniers évadés ou d’Espagnols persécutés par la police ou les phalangistes ne voient d’autre alternative que de monter au maquis. Il a fallu, enfin, que des régions entières passent du côté de la guérilla car, pour l’action d’un combattant, il faut en moyenne une dizaine de soutiens civils.

Segundino Serrano a déroulé cette histoire en détail, région par région. On y suit, entre autres choses, les débuts des premières guérillas autonomes, le rôle des services secrets anglais et américains durant la Deuxième Guerre mondiale, l’incertitude politique des années 1944-1945, les conséquences de la Guerre froide, le retour de l’état de guerre déclaré dans plusieurs régions, la fabrication de faux maquis par le régime, les nouveaux massacres qu’il va déclencher et l’incompétence criminelle des partis républicains en exil. Il y est aussi question des guérillas urbaines dont certaines, en Catalogne, vont perdurer jusqu’aux années 1960.

Cette histoire a été tue pour des raisons évidentes par le franquisme mais a été aussi volontairement oubliée pour des causes plus surprenantes par son opposition. Particulièrement par un Parti Communiste qui a pourtant été longtemps le seul à s’engager franchement dans la voie des armes.

Et comme l’histoire revient toujours gratter les plaies, cette épopée fracassée est redevenue aujourd’hui un enjeu mémoriel et politique sur le territoire espagnol. Sans compter que dans bien des provinces, elle a toujours fait partie de la mémoire populaire, d’abord à voix basse puis en chansons.

Projection d’un film (23 minutes) présentant l’ouvrage et discussion avec le traducteur.

Semaine sur le syndicalisme, mercredi 5 & dimanche 9 février

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Le local CAMARADE vous convie à deux évènements autour du syndicalisme.

Mercredi 5 février, nous projeterons le film Blue Collar, à 20h30.  Puis, dimanche 9, on organise une petite discussion autour du syndicalisme. Peut on le résumer à “négocier le poids des chaînes “? On commence par la rapide présentation d’une brochure de formation, avant de continuer sur un débat, dans lequel on vous propose aussi de parler des luttes actuelles et de la place des syndicats. Semaine sur le syndicalisme au local camarade

 

 

Ciné-club du camarade : COPEL ce mercredi 10 oct à 20H !

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COPEL un film collectif (2017)

86 minutes esp sous-titré fr.

Espagne, 1976. le dictateur Franco a fini par mourir et une amnistie est décrétée pour les prisonniers “politiques” qui sortent au compte-goutte.

Hors, les taules sont combles et les prisonniers “sociaux” ou “droits communs” demandent à être eux aussi amnistiés. Tout part de la prison de Carrabanchel pour une émeute historique et une plate-forme en 12 points qui va générer la COPEL (Coordination des prisonniers en lutte). Elle va tenir la dragée haute aux autorités pénitentiaires espagnoles pendant les quatre années qui vont secouer la péninsule. Chez les “politiques”, seuls les autonomes et quelques anarchistes se joindront aux prisonniers de la COPEL entre évasions massives, mutilations volontaires, mutineries incessantes dans un combat pied à pied contre la prison.

Et puis viendront la carotte et la bâton, l’arrivée massive de l’héroïne, les socialistes au pouvoir.

Un film choral entre archives et entretien avec les protagonistes.

Une histoire de la “démocratie” entre quatre murs.

Test du jeu « Baisse tendancielle » le vendredi 5 octobre à partir de 19h au local Camarade

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Ce vendredi au local Camarade, on vous propose une session test d’un jeu qui a pour cadre l’entreprise et verra s’opposer un patron et des salariés aux objectifs opposés : pour l’un, maintenir ou augmenter ses profits, pour les autres, survivre !

Le tout pour illustrer et comprendre les concepts de base du Capital de Marx !

Venez faire couler des boîtes avec nous ! Ou exploiter lâchement vos prolétaires …

Local Camarade

Invitation à la discussion “Quand j’entends le mot peuple …”

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Discussion autour du peuple et des populismes, Vendredi 8 juin à 19h, Local Camarade

Après la « marée populaire du 26 mai dernier et son ressac intégré, on voulait revenir ensemble sur tout un tas de questions autour de la notion de peuple et de l’actualité des mouvements dits « populistes ». En effet, depuis la crise 2008, on n’a pas manqué d’appel au « Peuple », à l’unité par l’État, la Nation. Ce « Peuple » qu’on théorisait dans quelques écoles marxistes (mais pas que) comme une alliance nécessaire entre différentes classes de la société (paysans, prolétaires, petite bourgeoisie) pour combattre le grand Capital semble s’être donné le luxe de ne plus avoir à se présenter.

Aujourd’hui, on ne parle plus du « Peuple » comme stratégie interclassiste mais bien du « Peuple » comme sujet auto-suffisant, bien loin de toute problématique de classe. Il n’y aurait finalement plus qu’un État et ses citoyens. Ça va faire une dizaine d’années qu’on assiste au retour en force de cette notion (et pas que la notion …) sous son nouveau jour. On ne manque pas d’exemples : les printemps arabes, les Indignés, Je suis Charlie, Syriza, Nuit Debout, la Catalogne, l’élection de Trump, le nouveau gouvernement italien … Mais pourquoi ce retour fulgurant sur la scène de la représentation politique ? Y a-t-il un fil conducteur qui nous permettrait de relier ces différents moments éclatés ? Si nous voulons en discuter, c’est qu’on pense que cette forme « Peuple » peut nous dire beaucoup de la période dans laquelle nous sommes coincés. A partir de la présentation de trois cas typiques du sud de l’Europe (Italie, Espagne et Grèce), on reviendra sur les différentes modalités dans lesquels le populisme opère, de la rue au gouvernement pour produire du « Peuple ».

L’objectif de la discussion n’est ni de crier à la manipulation populiste, à la déviation de classe ou encore à la trahison social-démocrate, mais de reposer les bases, les repères pour une compréhension de notre époque. Si en théorie, on aime prendre le temps de comprendre les limites auxquelles on se confronte dans le cours quotidien de la lutte des classes, en pratique, il est nécessaire de repérer les pratiques et les discours ennemis le plus rapidement possible afin de s’y opposer. D’autant qu’en ce moment, on peut considérer être gâtés et ce de tous les côtés du spectre politique. Nous invitons donc toutes celles et ceux qui en ont marre de tourner autour du pot de « l’unité populaire » à venir discuter avec nous au local Camarade ce vendredi 8 juin à partir de 19h.

Bad Kids

Pour la présentation on utilisera en partie ces quelques textes, donc si vous voulez y jeter un œil :

Mais tout commence, chapitre « La marre s’appelle peuple », Bad Kids (disponible au local)

La cigarette sans cravate, surtout la partie sur les assemblées, Theo Cosme (disponible au local)

La Catalogne dans le moment populiste, CarbureBlog : https://carbureblog.com/2017/10/11/la-catalogne-dans-le-moment-populiste/

La Farce du peuple, 19h17.info : http://www.19h17.info/2017/04/20/la-farce-du-peuple/

Guyane, au coeur de la tempête, 19h17.info : http://www.19h17.info/2017/04/07/guyane-coeur-de-tempete/

Projection de F.I.S.T – Ciné-club et discussion au Camarade

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En Janvier, au Camarade,

le ciné-club propose deux projections sur le thème du syndicalisme, suivies de discussions à partir des films :

On commence par le film F.I.S.T

L’histoire débute à Cleveland en 1937. Johnny Kovak (Sylvester Stalone) et Abe Belkin (David Huffman) sont licenciés au lendemain d’un conflit sur leur lieu de travail dans lequel le premier prit une place de meneur. Dans la dech’ et sans emploi, ils sont approchés par un syndicaliste de la Fédération des Camionneurs (Federation of Interstate Truckers ou F.I.S.T.) qui n’avait pas manqué de remarquer la grande gueule de Kovak durant la grève. Il les embauche alors comme recruteurs pour le syndicat.

D’adhésions en grèves, de collaboration avec la mafia en négociation à la table des patrons, le scénario retrace son ascension au sein de la bureaucratie syndicale et fait défiler trente ans au cœur du XXème siècle américain.

F.I.S.T est librement adapté de la vie de Jimmy Hofa, célèbre dirigeant syndical américain connut pour sa condamnation liée au blanchiment de fonds de la mafia, ainsi que pour sa mystérieuse disparition en juillet 1975. Le film en lui même ne se fait pas l’écho d’un discours révolutionnaire. Loin de là, il nous fait une description d’une classe ouvrière américaine matée par le clientélisme, dont l’humour est aussi léger qu’une palette de bière.

Il n’en est pas moins un film saisissant, qui peut participer à l’appréhension des rôles et des fonctions du syndicat montré comme un espace de lutte potentiel, mais aussi et surtout comme une bureaucratie participant à la cogestion du travail.

Rendez-vous mercredi 17 janvier à 19h30 !

Ciné-club : Requiem pour un massacre – mercredi 13 décembre 19h30

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Requiem pour un massacre
Film d’Elem Klimov (1984) 140 minutes
Genre : Danse macabre
Deux précisions en préambule : durant la deuxième guerre mondiale en Biélorussie les nazis et leurs auxiliaires ont massacré près d’un quart de la population. Le scénario de ce film ayant été présenté aux autorités soviétiques, il est resté près de dix ans dans les tiroirs puis on a tenté de le faire tourner par un autre réalisateur. Et la perestroïka est arrivée….
Né à Stalingrad, enfant de la guerre, Klimov avait des souvenirs assez précis de l’époque. Mais ce film de guerre ne ressemble à aucun autre. Suivant un adolescent qui veut rejoindre les partisans, c’est un poème tragique, désepéré, cru, cataclysmique (le titre russe « Viens et vois » est tiré d’un verset de l’Apocalypse).
Et il n’y a aucune complaisance, aucun gore sanglant quant à la représentation des massacres, pas plus qu’on ne trouvera trace de démagogie dans le fait de voir la guerre par les yeux d’un enfant.
Même si le réalisateur n’épargne pas le spectateur, pas plus qu’il n’a ménagé son équipe au cours d’un tournage à obus et balles réelles. D’une beauté formelle, d’une vision épique, ce film splendide témoigne de la guerre totale, de l’horreur.
Comme l’a écrit un critique : un Apocalypse Now sans LSD.
Vous êtes prévenus.

Présentation du livre “Temps Obscurs” paru aux éditions Acratie avec les auteurs !

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Vendredi 1er Décembre au local Camarade à 20H

L’objectif de cet ouvrage est de comprendre pourquoi l’extrême droite a fait ces dernières années un tonitruant retour au premier plan de la scène politique en Europe et particulièrement en France. Sa dynamique est-elle similaire au fascisme des années 1930 ? Après avoir étudié le fascisme historique, les auteurs proposent d’analyser son renouveau idéologique, ainsi que son rapport au localisme et à l’international. Cet ouvrage entend offrir une analyse matérialiste pensant en termes de classes sociales le nationalisme et l’extrême droite.

La révolution russe a cent ans ! Présentation / Débat – Vendredi 3 Novembre 20H

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affiche en PDF

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Le mensuel anarchiste communiste Courant alternatif vient de sortir un numéro spécial de 44 pages consacré à la révolution russe de 1917, dont c’est le 100e anniversaire.

“Par le biais de textes souvent peu connus qu’ont écrits des protagonistes de cette révolution – comme Rosa Luxemburg, Alexandra Kollontai, Emma Goldman, Voline, Ida Mett, Anton Ciliga, Nestor Makhno, Victor Serge – ou d’études plus récentes – comme celles de Daniel Guérin, de Colo Bourdel sur les conseils ouvriers de 1905, ou de Yohan Dubigeon à partir des thèses d’Oskar Anweiler sur les soviets de 1905 à 1921 – et de quelques articles de membres de la revue, sont abordés différents épisodes de ce moment qui fit trembler toutes les bourgeoisies du monde.

Le fil conducteur de ces textes est la mise en lumière de ce qui constitue à nos yeux le plus intéressant de ces années entre 1905 et 1921, à savoir les formes d’auto-organisation qui en sont à l’origine. Conseils ouvriers, soviets sont bien loin des pratiques des partis, et surtout du Parti bolchevik, qui finit par participer à l’étouffement puis à la destruction de ces pratiques émancipatrices issues de la base de la société russe. Parler des soviets de cette période, c’est parler aussi – et peut-être même surtout – des pratiques à développer aujourd’hui au cœur des mouvements sociaux.”

 

Les Permanences de la Bibliothèque Bandura

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Le local « Camarade », ouvert sur Toulouse depuis quelques mois, a pour projet de réinjecter un peu de luttes et de révolution pour faire tousser les turbines et nous offrir des vacances prolongées. Nous avons donc constitué une bibliothèque pour réfléchir à tout ce qui pourrait nous aider pour y parvenir.
Le fonds se met petit à petit en place  et de nombreux ouvrages sont déjà disponibles !
Dès à présent, il est possible, et durant toute l’année, de venir
consulter ou emprunter des livres tous les mercredis après-midi entre 15H et 18H. Il est possible d’y travailler, seul ou à plusieurs, sur des bouquins, des brochures, des journaux etc.
Nous travaillons actuellement à l’informatisation de l’ensemble des
documents afin de rendre la recherche et l’emprunt plus simples.

A la rentrée, des groupes de travail verront également le jour afin de faire vivre certaines de ces permanences. Il s’agira de discuter
collectivement de textes, ou d’autres documents, annoncés à l’avance sur le site, afin d’élaborer des approches collectives pour certaines
problématiques politiques, le tout dans une volonté d’auto-formation.
Nous annoncerons le calendrier très prochainement.


Avis aux archivistes !
Nous cherchons à augmenter quantitativement et qualitativement ce fonds donc si vous avez des doublons ou des “vieilleries” dans votre grenier, n’hésitez pas à venir en discuter !

Ce mercredi comme tous les autres, n’hésitez pas à passer!

Local “Camarade”, 54 boulevard Déodat de Sévérac, 31300 Toulouse

Quand les nationalismes se font vautours

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Retour sur les luttes de classe en Yougoslavie à la veille de l’éclatement et pendant le conflit armé

Au local CAMARADE, quand on entend le mot « peuple », on se demande bien quel sale coup ils préparent contre le prolétariat. A l’heure où les propositions identitaires se font de plus en plus pressantes, dans le champ de la politique classique comme dans celui des « mouvements sociaux », il nous a semblé pertinent de revenir sur un conflit armé toujours dépeint à travers son caractère identitaire, ses blocs homogènes radicalement opposés, et ses tractations en haut lieu.
Y revenir pour creuser un peu. Et si la guerre d’Ex-Yougoslavie n’était pas le simple théâtre géopolitique d’une guerre fratricide ? Si cette guerre était la réponse capitaliste aux luttes de classe en Yougoslavie dans la décennie 80, c’est-à-dire leur défaite ?
Pour tester ces hypothèses, nous reviendrons collectivement sur l’activité des luttes de classe en Yougoslavie, de 1980 au début des années 90, avec l’aide d’un camarade qui nous présentera pour l’occasion un texte (1) écrit au moment du conflit armé, dont voici un extrait :
« Les divisions nationales expriment et s’appuient sur l’impasse de la situation. Les luttes sociales se heurtaient à une détermination sans faille puisque l’Etat yougoslave n’avait aucune marge de négociation. Au plan international, les résistances aux restructurations étaient vaincues et ne trouvaient aucun relais en mesure de modifier leurs rapports de forces. Ce mouvement ne portait aucune des revendications “démocratiques” qui lui auraient permis de trouver un relais politicien comme cela s’était passé en Pologne. Aucun discours politique, ni libéral, ni social-démocrate ne pouvait s’en nourrir. Sa capacité, réalisée, à mettre un Etat en faillite, qui lui aurait ouvert dans une période précédente le moyen de faire reculer cet Etat, n’intéressait plus personne. Expression vaincue de la capacité de l’affirmation ouvrière luttant pour sauvegarder ses conditions d’existence, il annonce les conditions d’une lutte à mort où il n’y a plus rien à revendiquer. Ce soulèvement a gagné par sa défaite le panache de n’avoir pas délégué sa rage et sa détermination à de quelconques représentants, du moins à aucune force politique en mesure de se réclamer de ses luttes. Raisons qui les ont fait disparaître de la mémoire ? L’exacerbation nationaliste est, comme moyen, l’expression concrète de cette défaite, permettant à l’ancien personnel politique de se maintenir au pouvoir, par un changement de discours, dans le fractionnement de l’ancien Etat et d’y achever la restructuration par la guerre. ».

Nous vous attendons donc le VENDREDI 16 JUIN à 20H au local “CAMARADE”, 54 boulevard Déodat de Séverac, 31 300 TOULOUSE.

Guerre à la guerre et vive la Révolution !

Bad Kids

 

(1) Pour celles et ceux qui souhaiteraient préparer en amont la discussion, nous avons mis en page le texte écrit à l’époque par le camarade qui viendra pour cette discussion, vous pouvez le télécharger en cliquant ICI ou passer récupérer un exemplaire imprimé lors des permanences du local.

Affiche

Pojection du film “Autonomia Obrera”

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Un documentaire consacré aux luttes ouvrières menées en marge des syndicats et des partis politiques dans l’Espagne des années 70.

Un film de : Falconetti Peña et Orsini Zegri

Avec : Pepe Rovira, Clemente, Speedy Gonzalez, Marcelo, Attila, Paco, Jesse James, Jésus-Christ, Juan Carlos Bourbon d’Espagne, Chema, Peter Fonda, El Kabra, des éléphants, Toni, Marga, Santi, etc.

Langue : Espagnol, sous-titré français
traduction/adaptation : Pif & Hercule
Durée : 74 minutes

1975 / 1982 Territoire espagnol. Après 40 ans de dictature, voici le temps de la transition démocratique plus connue comme « transaction démocratique ».
Ils étaient ouvriers, dockers, dynamiteurs à Barcelone, Vitoria, Bilbao. Tous faisaient partie de ce mouvement diffus, sans porte-parole ni dirigeants autre que les assemblées d’usine ou de quartier. Tous rejetaient le patronat, les syndicats, le capitalisme. Certains étaient armés, d’autres pas mais tous défendaient l’autonomie ouvrière. En 1976, l’Espagne était en flamme et « Il fallait (les) écraser (…) car c’étaient des minis soviets » (Manuel Fraga, ministre de l’intérieur)

La démocratie s’en est donc chargée.
Mais l’histoire cavale encore…

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C’est gratuit et on pourra causer de cette histoire effacée de l’Espagne et de ce qu’elle a à nous offrir ici et maintenant.